Epson devant la justice : une victoire symbolique pour la lutte contre l’obsolescence programmée

L’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) vient d’obtenir une avancée majeure dans son long combat contre certaines pratiques du secteur de l’impression. Après plusieurs années de procédure, le fabricant Epson devra répondre devant la justice française d’accusations liées à l’obsolescence programmée de ses imprimantes. Selon plusieurs médias, il s’agit d’une première mondiale pour ce type de contentieux appliqué aux imprimantes.

Pour les acteurs du réemploi, du reconditionnement et de la sobriété numérique, cette affaire dépasse largement le cas d’un seul constructeur : elle pose la question du modèle économique qui domine depuis des années le marché des imprimantes.

Une bataille engagée depuis 2017

En 2017, HOP avait déposé plainte contre plusieurs fabricants d’imprimantes, en visant particulièrement Epson. L’association dénonçait notamment des pratiques susceptibles de raccourcir artificiellement la durée de vie des appareils ou d’inciter au remplacement prématuré des consommables. Parmi les reproches évoqués figuraient des alertes de cartouches prétendument vides alors qu’il restait encore de l’encre, ou encore des messages signalant certains composants comme étant en fin de vie alors qu’ils pouvaient parfois continuer à fonctionner.

Aujourd’hui, le fait que la justice estime les éléments suffisamment sérieux pour conduire à un procès constitue déjà un signal fort envoyé à l’industrie.

Le vrai coût d’une imprimante ne se trouve pas sur l’étiquette

Cette affaire rappelle une réalité souvent méconnue du grand public : une imprimante à 50 ou 60 euros peut finalement coûter beaucoup plus cher qu’un modèle vendu deux ou trois fois plus cher.

Depuis longtemps, certains constructeurs appliquent une stratégie simple : vendre l’imprimante à faible marge, voire à perte, puis réaliser l’essentiel des bénéfices sur les cartouches d’encre. C’est ce qu’on appelle parfois le modèle du « rasoir et des lames ».

Le résultat est connu :

  • cartouches très coûteuses ;
  • remplacement fréquent des consommables ;
  • incompatibilités avec les cartouches reconditionnées ou génériques ;
  • réparations peu rentables ;
  • renouvellement prématuré des équipements.

À l’inverse, des modèles un peu plus haut de gamme, notamment ceux équipés de réservoirs rechargeables (type EcoTank, MegaTank ou équivalent), demandent un investissement initial plus important mais affichent souvent un coût à la page bien plus faible sur plusieurs années.

Acheter moins cher… ou payer moins cher ?

Dans une démarche de sobriété numérique, la bonne question n’est pas : « Combien coûte l’imprimante ? »

La bonne question est : « Combien va-t-elle me coûter sur cinq ans ? »

Prenons un exemple simple :

  • Imprimante d’entrée de gamme : 60 €
  • Cartouches remplacées plusieurs fois par an
  • Dépense totale sur 5 ans : plusieurs centaines d’euros

Face à elle :

  • Imprimante à réservoir rechargeable : 200 à 300 €
  • Encre achetée en bouteilles
  • Coût d’utilisation nettement inférieur sur la durée

Le calcul est souvent surprenant pour les particuliers comme pour les professionnels.

Un enjeu environnemental majeur

Chaque imprimante remplacée prématurément représente :

  • des matières premières extraites ;
  • de l’énergie consommée pour la fabrication ;
  • du transport ;
  • des déchets électroniques supplémentaires.

Dans le monde du réemploi et du reconditionnement, nous constatons régulièrement que des appareils techniquement fonctionnels sont abandonnés pour des raisons purement logicielles ou économiques : coût excessif des consommables, messages bloquants ou réparations rendues peu attractives.

C’est précisément ce type de mécanisme que les associations comme HOP cherchent à mettre en lumière.

Une bonne nouvelle pour le droit à réparer

Au-delà du cas Epson, cette procédure marque une étape importante pour la reconnaissance du droit à réparer, à réutiliser et à prolonger la durée de vie des équipements numériques.

Elle rappelle également qu’un achat responsable ne consiste pas seulement à recycler en fin de vie, mais aussi à choisir dès le départ des équipements conçus pour durer.

Pour les particuliers, les collectivités, les associations et les entreprises, le message est clair : privilégier la qualité, la réparabilité et le coût d’usage réel est souvent plus économique que de céder aux sirènes du matériel « premier prix ».

Et si cette affaire permet à davantage de consommateurs de regarder au-delà du prix affiché en rayon, alors elle aura déjà produit un effet positif bien avant le verdict final.

ANTS : Agence Nationale des Titres… désormais un peu moins Sécurisés

On a appris dans les médias dernièrement, et confirmé par un mail reçu par des centaines de milliers de personnes, que l’Agence Nationale des Titres Sécurisés s’est fait pirater sa base de données le 15 avril dernier.

Une annonce qui, au-delà de l’effet de surprise, soulève surtout une question simple : comment un organisme chargé de gérer des documents aussi sensibles peut-il être victime d’une telle faille ?

Des données loin d’être anodines

Selon les premières informations communiquées, les données concernées incluraient des informations personnelles telles que nom, prénom, adresse postale, voire certaines informations administratives liées aux titres officiels (permis de conduire, cartes grises, etc.).

Autrement dit, tout ce qu’il faut pour alimenter des tentatives de phishing crédibles, des usurpations d’identité ou encore des fraudes administratives.

Même si aucun mot de passe ou donnée bancaire n’aurait été compromis — du moins officiellement — cela reste une fuite massive de données sensibles, avec des conséquences potentiellement durables pour les personnes concernées.

Une communication… minimale

Comme souvent dans ce type d’incident, la communication officielle s’est voulue rassurante : pas de panique, des mesures ont été prises, les systèmes sont sécurisés.

Pourtant, le flou reste important.
Comment l’attaque a-t-elle été rendue possible ?
Depuis combien de temps les pirates avaient-ils accès aux données ?
Quelles mesures concrètes ont été mises en place pour éviter que cela ne se reproduise ?

Autant de questions qui, pour l’instant, restent sans réponse claire.

Le problème n’est pas nouveau

Ce piratage s’inscrit dans une tendance plus large : les institutions publiques, comme les grandes entreprises, sont devenues des cibles privilégiées des cyberattaques.

Et pour cause : elles centralisent d’énormes volumes de données, souvent avec des systèmes informatiques complexes, parfois vieillissants, et difficilement adaptables.

Le paradoxe est frappant : plus une organisation est censée être sécurisée, plus elle devient une cible de choix.

Et maintenant ?

Pour les utilisateurs concernés, la vigilance est de mise :

  • se méfier des emails suspects, même s’ils semblent provenir d’organismes officiels
  • ne jamais transmettre d’informations sensibles sans vérification
  • surveiller toute activité inhabituelle liée à ses démarches administratives

Mais au-delà des bonnes pratiques individuelles, cet incident pose une question de fond : celle de la responsabilité des organismes publics dans la protection des données des citoyens.

Peut-on encore parler de “titres sécurisés” lorsque les systèmes qui les gèrent ne le sont pas totalement ?

Une confiance à reconstruire

La confiance numérique est fragile. Elle repose sur un contrat implicite : les citoyens acceptent de confier leurs données, en échange d’un niveau de protection irréprochable.

Chaque faille, chaque fuite, vient fragiliser un peu plus ce contrat.

Et à mesure que ces incidents se multiplient, une chose devient évidente : la cybersécurité ne peut plus être un simple sujet technique. C’est un enjeu politique, stratégique, et profondément citoyen.

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, on fait le point…

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, on fait le point…

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, on fait le point…

Un vote historique à l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Cette mesure a obtenu une large majorité de députés (130 voix contre 21) et marque une étape significative dans la régulation du numérique en France.

Si elle est confirmée par le Sénat, la loi pourrait entrer en vigueur dès la rentrée scolaire de septembre 2026. Les partisans de la loi avancent plusieurs arguments.

Protection de la santé mentale

Les réseaux sociaux sont régulièrement pointés du doigt pour leur impact sur la santé mentale des jeunes — exposant les mineurs à des contenus parfois violents, du harcèlement ou des mécanismes addictifs. Cette inquiétude a été confirmée lors des débats parlementaires, qui ont évoqué la nécessité de « protéger les enfants des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux ». Selon les auteurs du texte, un accès retardé aux réseaux sociaux pourrait permettre aux adolescents d’acquérir une meilleure maturité face aux usages numériques — à l’image des règles qui s’appliquent déjà pour certains contenus ou activités nécessitant l’accord parental. Le gouvernement souhaite aussi envoyer un message fort aux grandes plateformes internationales, souvent accusées de privilégier l’attention des utilisateurs au détriment de leur bien-être.

Limiter l’accès aux réseaux sociaux : une application concrète incertaine

Même si l’objectif est louable, plusieurs questions dépassent le simple principe de la loi :

Comment vérifier l’âge ?

Pour que l’interdiction soit effective, les plateformes devront mettre en place des dispositifs de vérification d’âge — par exemple via une authentification de documents, reconnaissance faciale ou autre système validé par la CNIL. Mais ces technologies sont difficiles à généraliser sans compromission de la vie privée, et pourraient être contournées.

Contournement par les mineurs

Même avec une loi, de nombreux adolescents pourraient contourner les règles en utilisant des outils de type VPN, des identifiants prêtés par un adulte, ou d’autres méthodes techniques simples. Cela soulève la question de l’efficacité réelle de la mesure face à la créativité numérique des jeunes.

Vers un “paternalisme numérique” ?

Certains élus, associations et citoyens critiquent une approche jugée trop simpliste ou paternaliste — estimant que la loi pourrait restreindre des libertés individuelles sans traiter en profondeur les causes des comportements problématiques en ligne.

Le rôle des parents au cœur de la discussion

Cette loi relance un débat majeur : jusqu’où doit aller la responsabilité parentale ?

Accompagnement plutôt que prohibition ?

Beaucoup estiment que l’éducation numérique et la supervision bienveillante des parents sont des leviers essentiels pour un usage sain des réseaux sociaux. Une interdiction juridique ne remplace pas un dialogue familial sur les risques, les limites et les bonnes pratiques.

Éduquer plutôt que restreindre

Plutôt que d’imposer une barrière stricte, certains experts plaident pour des programmes d’éducation numérique intégrés aux écoles — afin de mettre les outils de compréhension et de pensée critique entre les mains des jeunes eux-mêmes.

En conclusion : une mesure ambitieuse, mais pas sans défis

La France s’engage avec cette loi dans une voie audacieuse, avec l’ambition de mieux protéger les jeunes générations. Mais entre ambitions politiques, contraintes techniques, et réalités sociales, la question reste ouverte : est-ce que l’interdiction pure et simple est la meilleure réponse aux défis du numérique, ou bien n’est-elle que l’amorce de réflexions plus poussées qui devraient être engagées vers une régulation plus large et éducative ?

Bonne année 2026 !

Bonne année 2026 !

En ce début d’année, je souhaite vous adresser mes meilleurs vœux pour 2026 : santé, réussite et projets inspirants.

J’ai déjà hâte de vous retrouver, cette année encore, pour vous accompagner en informatique, dans vos démarches numériques ou dans votre communication digitale.

Très belle année 2026 à toutes et tous, à très bientôt !

Loïc

Congés de fin d’année 2025

Congés de fin d’année 2025 !

Veuillez noter que je serai en congés du vendredi 19 décembre 2025 au lundi 05 janvier 2026 inclus.

D’ici là, je vous souhaite en avance de très belles fêtes de fin d’année !

 

Loïc